Les Allemands étaient chez moi, on m'a dit résigne toi.
Mais je n'ai pas pu et j'ai repris mon arme.
Personne ne m'a demandé, d'où je viens et ou je vais.
Vous qui le savez, effacez mon passage.
J'ai changé cent fois de nom, j'ai perdu femme et enfants.
Mais j'ai tant d'amis et j'ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier, pour la nuit nous a cachés.
Les Allemands l'ont pris, il est mort sans surprise.
Hier encore nous étions trois, il ne reste plus que moi.
Et je tourne en rond dans la prison des frontières.
Le vent souffle sur les tombes, la liberté reviendra.
On nous oubliera, nous rentrerons dans l'ombre.